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À l’origine de Nîmes, il y a Nemausus, la fontaine sacrée qui sourd au pied du mont Cavalier. Des populations préhistoriques se fixèrent autour, puis le groupement celte des Volques Arécomiques, qui, en 120 avant J.-C., reconnurent l’autorité de Rome.

La Colonia Augusta Nemausus fut fondée par Auguste. Entourée d’une enceinte fortifiée de 6 km, dont il reste la tour Magne, couvrant à son apogée 220 ha, elle était dotée d’un capitole, de temples, de thermes, d’un théâtre et d’un amphithéâtre. Gouvernée comme Rome par une curie dont les membres, les décurions, étaient, ainsi que les magistrats, élus par le peuple, elle joua un rôle attractif puissant sur la zone rurale du Bas-Languedoc. La Maison carrée, vouée au culte dynastique, s’élevait au-dessus du forum, situé au point où la voie Domitienne venant de Beaucaire prenait la direction de Narbonne et de l’Espagne.

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Les cultes orientaux d’Isis, de Sérapis et d’Anubis coexistaient avec les cultes romains et des survivances des croyances celtiques quand le christianisme s’implanta, sans doute vers la fin du iiie s. avec l’évêque saint Baudile ; un concile se tint à Nîmes à la fin du ive s.

Envahie successivement à partir du ve et jusqu’au viiie s. par les Vandales, les Wisigoths, les Francs, les Sarrasins, Nîmes était réduite à l’état de bourgade aux abords de l’an 1000, et sa décadence paraissait consommée quand des marchands lombards et toscans s’y établirent. En 1194, une charte du comte Raimond V de Toulouse, suzerain des vicomtes de Nîmes, réorganisa les activités commerciales en groupant par rues et quartiers les différentes professions, tandis que les Arènes devenaient une forteresse où des chevaliers tenaient garnison.

Au moment de la crise albigeoise, Nîmes fut prise en 1207 par Simon de Montfort et en 1226 par le roi de France Louis VIII. En 1229, elle entrait dans le royaume de France, sous l’administration d’un sénéchal, et des forces royales s’installaient dans les arènes. Une ordonnance royale de 1272 fixa la composition d’un conseil de 27 membres chargé d’élire les consuls et de les assister.

Le protestantisme trouva un terrain favorable chez les bourgeois et les artisans nîmois. De graves incidents éclatèrent en 1567, et les églises furent saccagées. Cependant, le 30 août 1572, catholiques et protestants parvinrent à s’entendre pour éviter tout massacre.

Soulevée en 1621 par Dupont et Masyures, qui prirent le duc Henri de Rohan pour chef, puis en 1627 par Rochelais, Nîmes accepta finalement la paix d’Alès.

Après la révocation de l’édit de Nantes en 1685, l’intendant Bâville investit la cité. Nombre de protestants s’expatrièrent ou gagnèrent les Cévennes pour y grossir les rangs des camisards. Quand Jean Cavalier se soumit, c’est au jardin des Récollets de Nîmes qu’il rencontra le maréchal de Villars (1704).

Au xviiie s., Nîmes participa au renouveau démographique général : de 25 000 habitants en 1730, elle passa à 42 000 en 1789.

Dans ses cahiers de doléances, Nîmes demanda au roi d’achever l’œuvre de 1787 par « la liberté complète de pensée, propriété des plus chères à l’homme, surtout en matière d’opinions religieuses ».

Un conseil permanent de 21 notables – des bourgeois protestants – se constitua dès que parvint la nouvelle de la prise de la Bastille, pour administrer la ville, qui devint chef-lieu du département du Gard. Des troubles éclatèrent en juin 1790 entre protestants et catholiques, ces derniers n’admettant pas que l’Assemblée constituante ne reconnaisse pas le catholicisme religion de l’État. Puis le Club de Nîmes accusa la municipalité de « complicité avec la réaction » et il fallut une intervention de la garde nationale de Montpellier pour arrêter le massacre, qui avait déjà fait 300 victimes.

Les bourgeois nîmois ralliés à la République girondine refusèrent de reconnaître l’autorité de la Convention et établirent un projet de nouvelle Convention qui prévoyait la formation d’une République fédérative avec les vingt-quatre départements méridionaux de Bordeaux à Lyon. Devant cette menace qui mettait en péril la « République une et indivisible », la Convention envoya 6 000 hommes dans le Gard pour briser la sécession, puis, en janvier 1794, le Conventionnel Borie constitua à Nîmes un tribunal révolutionnaire qui opéra 800 arrestations et décida de 136 exécutions.

Taille: 92 cm
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